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Exposition “Da Vidy Code: chiard t’ose pas”

Exposition “Da Vidy Code: chiard t’ose pas” Posted on 27 juin 2007

Derrière ce titre en forme de pied de nez se cache l’une des expositions les plus réussies de Laurent Flutsch, au Musée romain de Vidy, et son plus grand succès (prolongation jusqu’au 2 septembre, profitez en !).

Dans dix salles sont mises en scène chacune de nos peurs, de la plus primitive (peur de la nuit) à la plus actuelle (peur du lendemain). Pour passer de l’une à l’autre, il faut trouver le code qui permet d’ouvrir la porte. Quoi de plus ludique que de chercher les codes dissimulés de toutes les manières possibles (chiffres fluorescents – c’est en exorcisant sa peur de la nuit qu’on trouve la lumière ! -, messages sonores hilarants, nécessité de collaborer avec son compagnon de visite pour sortir de la chambre de solitude… N’ayez crainte, si vous êtes tout seul, le gardien compatissant vous livrera ce fameux code!)

Dans ce souci de divertissement et d’actualisation dont le musée a toujours su faire preuve, les pièces antiques exposées n’ont qu’une valeur relative. Elles côtoient constamment des objets contemporains, afin de montrer le (peu de) chemin parcouru dans nos efforts de conjurer nos craintes. C’est ainsi qu’on trouvera dans le catalogue aussi bien des lampes à huile qu’une poupée gonflable!

Comme attendu, certaines salles laissent transparaître les opinions théologiques et politiques de Flutsch. En particulier celle qui parle de la peur de l’autre, tapissée d’affiches de l’UDC, ou celle consacrée à la peur de la mort (voir le texte désabusé sur l’ “invention” des dieux et de la vie éternelle avec le commentaire “On se rassure comme on peut !”).

Cette salle-ci est particulièrement réussie. On se voit soi-même dans un cercueil qui nous est destiné (“A toi !” dit la couronne mortuaire), mais le miroir nous renvoie l’image d’un visiteur fort amusé: jolie façon de se rire de la mort ! Dans la même salle, Flutsch ne perd pas l’occasion de jouer avec les mots: en actionnant un bouton, on fait disparaître une boîte de haricots, on voit une pipe se briser ou un soldat changer son fusil d’épaule… et donc passer l’arme à gauche, vous l’aurez compris!

Le livre d’or montre, entre deux odes à Flutsch, que les enfants sont venus en nombre et ont adoré, même si la touche d’humour absurde de la dernière salle n’était pas du goût de tout le monde (“C’était bête !” écrit une gamine de 10 ans). Allez-y en famille ! A une époque où la peur continue d’être exploitée avec succès par la politique et la religion, il n’y a pas de meilleur acte éducatif que d’aller à Vidy en rire un bon coup.

Commentaire de Mathieu, 8 ans: “La mort, c’était cool”. Rien que ça…

Agnès Collet